samedi 2 avril 2011

Notes (sur le sonore)


Jacques Attali, Bruits (essai sur l'économie politique de la musique)_ Presse Universitaires de France 1977.

Menace de mort, le bruit est donc un enjeu pour le pouvoir qui le monopolise, lorsqu'il fonde sa légitimité sur la peur qu'il inspire, sur sa capacité de créer l'ordre social et sur son monopole univoque de la violence. [...] Le bruit comme meurtre et la musique comme sacrifice ne sont pas des hypothèse aisée à recevoir. Elles impliquent que la musique, c'est assister à un meurtre rituel avec ce que cela a de dangereux, de coupable, mais aussi de rassurant ; qu'applaudir, c'est réaffirmer, après la violence canalisée, le possible retour à l'exercice, par les spectateurs du sacrifice, de la violence essentielle. [...] La musique apparaît, à mon sens, à travers les mythes comme une affirmation de ce que la société est possible. Et c'est l'essentiel. Son ordre simule l'ordre social, et ses dissonances expriment les marginalités.

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