vendredi 30 octobre 2009

Le sonore (notes sur)

http://lib.utexas.edu/maps/historical/new_york_city_1917.jpg

[...] Comme me l'a dit un professeur de l'université de Harvard au temps où je préparais ma licence : "c'est fou ce que les blues sont de mauvais goût !" Mais c'est précisément le "mauvais goût" dont parlait cet ancêtre qui a été le seul élément capable d'empêcher le meilleur de la musique noire de glisser stérilement dans les chambres d'écho de la culture de l'Américain moyen. [...] La musique noire est essentiellement l'expression d'une attitude ou d'un ensemble concernant le monde, et seulement ensuite une attitude concernant la technique musicale. Le musicien de jazz blanc en vint à comprendre cette attitude comme façon de composer de la musique, et l'intensité de sa compréhension a donné les "grands" musiciens de jazz blancs, jusqu'à nos jours.
> syndrome "Jim Crow"
[...] C'est une idée épouvantable ! La musique courait déjà le danger d'être rejetée dans cette pile d'ordures des objets et des données "admirables" que l'Occident connait sous la nom de culture.
[...]1965_New York Art Quartet_Milford Graves pourrait rappeler à quelqu'un qui a beaucoup voyager le batteur d'Albert Ayler, Sonny Murray, parce qu'il fait travailler ses procédés sonores presque sans arrêt et simultanément. Mais Graves possède un élan rythmique, un faisceau constant d'énergie motrices qui fait de lui un styliste à part. [...]
[...] Pour musicien seulement : "Mesure n'est pas vitesse mais distance, et le son est du mouvement mesuré." Paul Allen
>POT-POURRI N°3_1966
Albert Ayler est en musique la dynamite de son temps. Il dit qu'il ne s'intéresse pas aux notes. Il veut dépasser la note quand il joue et entrer dans la musique. Dans l'élément de base, l'objet clairement émotionnel; absolument libéré de tout concept anti-émotionnel. Les disques ont été magnifiques et d'abord effrayants parce qu'ils vous déchirent si complétement, ils ne sont pas du tout "raisonnables", c'est-à-dire qu'ils sont débarrassés de l"explication", le "lien" avec la chanson populaire, source de terreur.(...) Quand il utilise le batteur Milford Graves, le fond sonore est fait de grand rugissement naturel de souffles, d'arrêts, d'expirations et de bousculades. Graves trame et tourne dans le fond avec une musique toujours changeante.(...)
>POT-POURRI N°4_1966
Hier soir, un génie noir a enflammé une cave de Newark. L'acoustique de cet endroit était mauvaise quand j'y suis allé la première fois. Une sorte de lourde gitanerie néo-pseudo-noire-blanche-grise flotte dans l'air, comme l'atmosphère humide dans le Hound of the Baskervilles. Tous gris malades pendaient au mur. Un trio de rien du tout d'imitateurs de Red Garland, etc., était en train de jouer. De plus un poète terne et bien peigné me donna sa plaquette sur la défense des projets d'habitation d'intégration au CORE. J'avais probablement une baisse de tension et cela me fit fuir.

Musique Noire LEROI JONES_buchet/chastel-1969
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