mardi 30 décembre 2008

LE SONORE (notes sur)


CRUSTACEAPODS, (MICROBIA III) 24" x 24" (61 cm x 61 cm) Acrylic on Canvas. rsconnett.com ~ vomitus.com

1. Le droit de reproduction et l'industrie musicale
Quelques années après l'institution du copyright sur les enregistrements sonores (en 1971), les cassettes audio ont commencé à remplacer les disques de vinyle. Étant donné sa facilité, la reproduction à domicile des disques de vinyle sur cassette s'est rapidement développée.
L'industrie du disque a tenté d'introduire diverses technologies susceptibles de rendre cette reproduction moins aisée . L'une des tentatives les plus connues consistait à introduire un «signal gênant»: lorsqu'un disque de vinyle comportait ce type de signal, sa reproduction sur cassette produisait un bruit aigu chaque fois qu'on la passait. Lorsque les artistes ont commencé à protester (Elvis Costello avait fait mettre un autocollant sur son disque Almost blue, indiquant que ce dernier ne contenait pas de signal de ce genre), l'industrie a laissé tomber ce procédé. [...]


mardi 9 décembre 2008

U-TOPOS


[...] La radio. Dans les années vingt, la radio a été d'abord le fait d'une minorité enthousiaste d'amateurs et d'entrepreneurs. La radio-transmission n'était alors guère réglementée, et presque tout le monde pouvait lancer sa propre station ou louer des plages horaires sur d'autres stations. Mais lorsque les récepteurs cessèrent de coûter cher et commencèrent à se répandre, les ondes furent rapidement dominées par les réseaux industriels créés par NBC et CBS. Ce processus monopolistique fut renforcé par la loi sur la radio, adoptée en 1927 par le gouvernement fédéral, qui réservait le droit d'émettre aux porteurs d'une licence, cette dernière étant accordée par une instance de régulation nommée par l'État. Comme on pouvait s'y attendre, les politiciens conservateurs saisirent cette occasion pour réduire au silence les mouvements radicaux, tant politiques que culturels, et notamment ceux de gauche. De toute façon, l'instauration de cette censure ne souleva guère de mécontentement populaire. Au contraire, la loi sur la radio fut soutenue par la plupart des électeurs, car le système des licences garantissait une meilleure réception des programmes populaires émis par les réseaux nationaux, en supprimant les interférences causées par d'autres stations. Il apparaissait donc, paradoxalement, que la démocratisation de l'accès à la radio avait considérablement réduit les possibilités de participation au sein de ce nouveau média.
La question clé est maintenant de savoir si la nouvelle frontière électronique du cyberespace est condamnée à suivre le même chemin.

[...] Pour beaucoup de gens de gauche, ces firmes multimédiatiques constituent la plus grande menace contre la libre expression sur le Net. Comme autrefois à la radio - et plus tard à la télévision -, le désir d'attirer un public de masse peut s'avérer une méthode bien plus efficace de contrer le radicalisme politique et l'expérimentation culturelle que toutes les censures glissées dans les derniers paragraphes à la noix d'une loi sur les télécommunications.
[...] Dans ce scénario, les nouvelles formes de sociabilité qui existent dans le cyberespace contemporain seront remplacées par la consommation passive des divertissements de bas niveau et des informations manipulées fournis par les firmes multimédiatiques. En dépit de leurs protestations hypocrites contre les mesures «anti-pornographiques contenues dans la nouvelle loi, ces firmes ne peuvent que se réjouir de voir se mettre en place une réglementation susceptible de transformer le Net en une forme contrôlée - et donc profitable - de loisir familial



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lundi 8 décembre 2008

U-TOPOS

Gaspard Grollier de Servière (son of Nicolas) 1751 'Recueil d'Ouvrages..'

Qu'est-ce que l'information, en réalité ? Il me semble extrêmement néfaste de parler d'«économie de l'information». L'important, ce n'est pas les données, mais l'attention. Dans quelques années, vous pourrez peut-être transporter dans votre poche toute la Bibliothèque du Congrès. Et alors? Jamais vous ne lirez toute la Bibliothèque du Congrès. Vous serez mort avant d'en avoir lu ne serait-ce qu'un millième. Ce qui importe - et va devenir de plus en plus important -, c'est le processus par lequel vous déterminez ce qu'il faut regarder. Ici commence véritablement l'économie de l'information. Ce qui compte, ce n'est pas qui possède les livres, qui les imprime, qui détient les droits de propriété. Le point crucial, c'est l'accès, pas la propriété. Et ce n'est pas même, en vérité, l'accès lui-même, mais les indications qui disent à quoi il vous faut accéder - à quoi il vous faut prêter attention. Dans l'économie de l'information, tout est surabondant - sauf l'attention.

Voilà pourquoi le prestidigitateur est la créature appelée à diriger l'univers de l'information. Les prestidigitateurs dirigent notre attention. Ne vous occupez pas de cet homme derrière le rideau. Non, non! Regardez ma main! Je peux faire disparaître un candidat. Voyez comme je fais sortir le Président d'un chapeau. Regardez! Je peux faire disparaître ces gens affamés dans un nuage de bruit médiatique. Rien dans les poches. Vite fait! Les faits ne comptent pas si notre attention est adroitement dirigée.

Les prestidigitateurs sont comme de méchants anti-bibliothécaires; ils sont le «Côté Obscur de la Force».

[...] L'information et l'attention sont filtrées par eux, leur critère est la rentabilité, et la rentabilité est une feinte et une escroquerie.

Bruce Sterling Libre comme l'air, l'eau, comme la connaissance