
" Dès 1979, j'ai utilisé le tourne-disque sur scène [...] Au début, je manipulais assez peu les vinyles, je collais toutes sortes de choses sur les sillons pour arrêter l'aiguille et créer des boucles, des rythmes. Puis le hip-hop est apparu, avec le scratch, ce geste est devenu aussi important que celui du guitariste. La première fois que j'ai vu un DJ, c'était Grandmaster Flash, puis, de plus près, Fab Five Freddy à la Kitchen, il a été un lieu important entre la scène blanche et la scène noire. J'ai adopté le scratch, mais ce qui m'intéressait vraiment, c'était l'objet disque. À cette époque, le vinyl était le support principal de l’enregistrement musical, objet fragile, à manipuler avec soin : il fallait le tenir par les bords, le dépoussiérer, éviter les chocs ; rayer un vinyle en 80 était un sacrilège, je pouvais jouer avec cette tension, mettant en péril ce qui avait fait de la musique une commodité, un objet [...] Quant un disque déraille ou saute, ou que l’on entend le bruit de la surface, nous essayons d’en faire abstraction le plus possible afin que le flux musical ne soit pas rompu. J’essaie de rendre les gens conscients de ces imperfections, de les accepter comme de la musique ; l’enregistrement est une sorte d’illusion alors que le scratch sur le disque est plus réel."

Dave Dyment – Top Ten Collaged vinyl records, 2005_ A pie-graph of the top ten selling records of all time is recreated as a record, using proportional wedges from the records involved, which include The Eagles, Michael Jackson, Boston, Led Zeppelin, AC/DC, Pink Floyd, Fleetwood Mac, The Beatles, Elton John and Billy Joel.
" Essayer de représenter le son - ou plus particulièrement la musique - par une image, c’est toujours une sorte d’échec, parce que le son est immatériel donc invisible ; et parce que cette évocation par la vue exclura toujours l’ouïe. Mais les représentations silencieuses, une sculpture ou une peinture, par exemple, m’intéressent : leur mutisme me semble souvent souligner la nature intangible et éphémère du son. Autrement dit : une image, qui essaye vainement de représenter une présence sonore, devient involontairement la représentation d’une absence."

Christian Marclay Body Mix series _199X
" J'appréciais les sons rejetés par les DJ, je m'intéressais au son du support lui-même, une rayure qui devient tout à coup un rythme, un sillon qui croche. Je découpais les vinyles, faisais des collages avec des tranches de disques différents, je les décentrais, les faisais tourner à l'envers, très vite ou très lentement, pour déformer un son, afin qu'il perde son identité première. Ça devenait ma musique. Le disque, ce n'est pas juste un son enregistré qui vient de nulle part, j'ai toujours essayé de mettre en évidence le support. Il y a quelque chose d'émouvant dans le bruit de sillons endommagés. Ce qui s'exprime à travers ce médium fragile, c'est le temps qui passe, cette impossibilité de retenir le temps."

Milan Knizak « Destroyed Music » _1960
" Au final, l'oeuvre nouvelle perd les caractéristiques de l'original, ou alors le célèbre, d'une certaine manière. Je crois au libre échange de ces choses qui font partie de notre domaine culturel. On est constamment bombardé de sons et d'images, pourquoi n'aurait-on pas le droit de réagir à cet environnement envahissant "
" J'appréciais les sons rejetés par les DJ, je m'intéressais au son du support lui-même, une rayure qui devient tout à coup un rythme, un sillon qui croche. Je découpais les vinyles, faisais des collages avec des tranches de disques différents, je les décentrais, les faisais tourner à l'envers, très vite ou très lentement, pour déformer un son, afin qu'il perde son identité première. Ça devenait ma musique. Le disque, ce n'est pas juste un son enregistré qui vient de nulle part, j'ai toujours essayé de mettre en évidence le support. Il y a quelque chose d'émouvant dans le bruit de sillons endommagés. Ce qui s'exprime à travers ce médium fragile, c'est le temps qui passe, cette impossibilité de retenir le temps."

Milan Knizak « Destroyed Music » _1960
" Au final, l'oeuvre nouvelle perd les caractéristiques de l'original, ou alors le célèbre, d'une certaine manière. Je crois au libre échange de ces choses qui font partie de notre domaine culturel. On est constamment bombardé de sons et d'images, pourquoi n'aurait-on pas le droit de réagir à cet environnement envahissant "
1 commentaires:
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